Des bouteilles à la mer
Alors que tant gens qui recourent volontiers à mes services, administratifs, menuisiers, bureautiques, graphiques, mécaniques, juridiques, musicaux, pédagogiques, ne répondent jamais à mes infolettres, ni ne prennent la peine de se désinscrire d'ailleurs, ils m'esquivent aussi dans les conversations en face-à-face. Les corriger même avec humour, n'y pensons-pas ! Quelle agression !
Et je repense à la chanson de Sting : message in a bottle... 100 millions de bouteille à la mer lui parviennent... Une seule me suffirait....
Mais subir leur sabir m'insupporte d'autant plus que je poursuis mon étude de la dégradation, dépravation même, de l'esprit de mes contemporains.
Alors de quel mépris intime leur indifférence est-elle l'aveu ?
Pourtant, ne serait-ce pas un juste retour d'amitié que de me rendre le service de me prendre au sérieux et de se reconnaître dans mes écrits, pour enfin libérer leur parole du sabir des acteurs de la politique spectacle ?
Molière reviens ! Tes Précieuses Ridicules me manquent !
Alors j'opère sournoisement : bien que le vocable laudatif tuerie semble en perte d'usage, je l'ai encore entendu récemment, prononcé par une connaissance qui vantait soit une série télévisée, soit un plat, je ne sais plus, mais c'est toujours l'un ou l'autre.
J'ai donc benoîtement fait observer que pogrom du 7 octobre redonnerait du nerf à cette métaphore éculée. C'est du bon humour, ironique à souhait... susceptible de déclencher une sortie du coma... Par le rire ou la colère... Hélas ! La sédation est trop profonde.
Car j'ai à peine réussi à provoquer une hésitation, un vague sourire, dans le flot de mon interlocutrice. A-t-elle conscience de cet atroce langage automatisé qui réduit sa faculté de penser ? J'en doute.
Rectifié par JulienConstant le 01/11/2025 06:45
Rectifié par JulienConstant le 01/11/2025 11:35
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