S.Boué/ L'Équipe
À l'occasion du Mondial, petit éclairage sur les règles de féminisation à «L'Équipe».
Hervé Fouillet publié le 7 juin 2019 à 15h25
Les règles du foot, tout le monde les connaît ou presque. Mais savoir comment féminiser les mots sélectionneur, entraîneur ou défenseur, qui vont être utilisés à longueur de phrases dès ce vendredi et pendant un mois, n'est peut-être pas aussi simple qu'il y paraît.
À L'Équipe, l'affaire a été prise très au sérieux pour que tous les journalistes (du reporter à l'éditeur en passant par le correcteur) se réfèrent aux mêmes lois du jeu. Joueurs et joueuses s'amusent parfois à faire bouger les usages. C'est leur droit et tant mieux. Fin avril, dans le podcast « Une-deux » avec le rappeur Kalash, la défenseuse Wendie Renard argumentait même pour que le football féminin ne soit plus distingué du football masculin au motif que les règles sont identiques.
Ça s'entend, mais, ici, dans nos colonnes ou sur nos différents écrans, il est de notre devoir d'assurer tous les jours la même cohérence et clarté. Nous avons donc musclé notre jeu. Des réunions depuis plusieurs semaines et des échanges (parfois tendus) nous ont permis de clarifier nos fondamentaux. On écrira donc Coupe du monde 2019 sans précision puisqu'on sait que celle des hommes ne tombe jamais une année impaire. Mais on précisera football féminin si on a besoin de comprendre qu'on analyse les performances des femmes plutôt que celles des hommes.
Alors défenseure ou défenseuse ? Dribbleure ou dribbleuse ? Milieue récupérateure ou milieu récupératrice ?
On peut très vite y perdre son latin. Comme en foot, on a opté pour la simplicité, souvent gage d'efficacité. Les noms de poste ou de fonction se terminant par « eur » sont féminisés en « euse » : sélectionneuse, buteuse, meneuse, finisseuse, passeuse... C'est facile et en plus c'est dans le dictionnaire. Cela nous évitera surtout des nœuds au cerveau quand l'été sera bien avancé, que les footballeuses seront en vacances, et que les coureuses, les tireuses, les escrimeuses ou les nageuses feront l'actualité.
Nous avons cherché la seule exception que l'on pouvait s'accorder, car il en faut toujours une. Et cela ravira Corinne Diacre, la sélectionneuse des Bleues. En septembre 2017, peu après sa nomination à la tête de l'équipe de France, elle avait privilégié dans nos colonnes le mot entraîneure à celui d'entraîneuse. Nous avons fait preuve d'élégance et retenu la première écriture. Il est vrai que les deux métiers ne renvoient pas aux mêmes qualités.
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Commentaire du Dernier des Mots Tiquants : Á propos d'entraîneuse, ce n'est pas une prostituée, et quand bien même ? Muriel Gilbert nous ouvre les yeux ci-dessous. Le sport est l'un des plus gros pourvoyeurs d'anglicismes et de barbarismes. Le journal l'Équipe s'honore donc particulièrement en s'intéressant vraiment et honnêtement à cette question. Mais l'Équipe n'a pas vu que les pratiquants de l'escrime, l'orfèvrerie, la photographie, l' aviron, le football, les armes à feu, sont des tireurs ou des tireuses. Pour paraphraser l'Équipe : «Il est vrai que les six métiers ne renvoient pas aux mêmes qualités. » |
https://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/faut-il-dire-entraineur-ou-entraineuse-7900065592
Muriel Gilbert - édité par Léa Stassinet
publié le 29/08/2021 à 09:47 - mis à jour le 29/08/2021 à 11:17
Ce dimanche matin, on parle olympisme, amis des mots ! Naturellement, l’olympisme façon Bonbon sur la langue, c’est le sport à travers la lorgnette des mots. Voilà : c’était au début du mois, je portais ma casquette de correctrice du journal Le Monde, celle que je porte lorsque je n’arbore pas la magnifique casquette rouge RTL. Dans une page sport du journal, une brève sur les Jeux olympiques était titrée : "Pentathlon moderne : un entraîneur allemand exclu pour avoir frappé un cheval". "Bien fait pour lui !", a été ma première pensée, "frapper un cheval, quel horrible bonhomme !". Mais en lisant la brève, je me suis aperçue de quoi ?
L’entraîneur était une femme. Donc j’ai corrigé : "Pentathlon moderne : une entraîneuse allemande exclue pour avoir frappé un cheval". Et alors là, "vlatipa" qu’autour de moi commencent à fuser des cris d’orfraie sur le thème : "Tu ne peux pas remplacer entraîneur par entraîneuse, vu qu’entraîneuse, c’est une prostituée !"
Alors, cela peut-il être gênant ? Eh bien moi je dis que non. D’abord, ouvrons le dictionnaire. Il y a bien une entrée "entraîneur, entraîneuse" dans le Larousse, avec la définition adéquate : "Personne qui entraîne des sportifs, des chevaux de course, etc.". Il y a une autre entrée, juste au-dessous qui dit "entraîneuse : nom féminin. Femme employée dans un établissement de nuit pour engager les clients à danser et à consommer". Où l’on apprend d’ailleurs au passage qu’entraîneuse n’est pas à proprement parler un synonyme de prostituée. Et donc, en titre de la brève, finalement, nous avons bien écrit "entraîneuse".
Les définitions, complexes, de la pensée abondent dans les champs philosophiques, psychologiques et neurologiques. je cherche en vain une référence claire.
Je vois trois éléments présents dans toute vie consciente : 1. la perception sensorielle, autrement dit les sensations, 2. les sentiments, autrement dit les impressions psychologiques, pouvant se traduire par des sensations, et 3. la mémoire. Chez l'humain seulement, la faculté d'abstraction qui se nourrit des trois éléments précédents, permet de produire des signes, visuels et sonores, que nous appelons, mots, idéogrammes, hiéroglyphes : c'est la pensée, transmissible, enregistrable, car partagée par les natifs de chaque langue.
Erreur ou farce linguistique qui consiste à déformer un mot ou une expression. Exemple farfelu : Je l'ai apercevu alors qu'il reviendait à pied...
Elle s'est faite couper les cheveux.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbarisme
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